L’en-vert du décor : naturel ? Bio ? Nutriscore ?

« Si c’est naturel, c’est sain »

De nombreux industriels jouent sur cette confusion et revendiquent de plus en plus « x% d’ingrédients d’origine naturelle ». C’est un premier pas vers un mode de consommation plus réfléchi… qui seul n’est pas suffisant ! En effet, naturalité ne rime pas nécessairement avec santé. Prenons par exemple l’Amanite tue-mouches : le célèbre champignon est un produit 100% naturel… qu’il vaut pourtant mieux éviter de consommer ! Méfions-nous également du terme un peu fourre-tout “d’origine naturelle”, car il n’existe à ce jour ni définition réglementaire ni organisme de contrôle à ce sujet. D’ailleurs certains ingrédients agroalimentaires ou cosmétiques sont tellement transformés qu’on ne peut qualifier de naturelle que leur lointaine origine ! Enfin, gare aux amalgames : naturel ne veut pas dire bio ! On vous explique tout dans le paragraphe suivant.

« C’est bio donc c’est bon »

Bon pour la santé ? S’il est vrai que le bio permet d’ingurgiter moins de pesticides et d’éviter les OGM, gare à l’amalgame ! La consommation de produits trop gras ou trop sucrés, même bio, reste déconseillée, comme une pâte à tartiner bio remplie d’huile et de sucre blanc, pourtant certifiés bio aussi ! 
Alors, bon pour l’environnement ? Bien que le bio respecte davantage les organismes vivants, il n’empêche malheureusement pas la potentielle surexploitation des ressources. Cette certification n’est donc pas suffisante seule pour garantir de bonnes pratiques agricoles. De plus, certains produits bio parcourent parfois des milliers de kilomètres avant d’arriver dans nos ménages, ce qui alourdit leur bilan carbone. Le cahier des charges du bio est parfois tellement complexe et coûteux à mettre en place que de petits agriculteurs locaux sont dans l’incapacité de l’obtenir. Alors il vaut parfois mieux privilégier le local au certifié bio !

« Si ça a un A au Nutriscore, je peux foncer ! »

Hélas non ! Le Nutriscore se focalise sur un paramètre unique, les valeurs nutritionnelles, et ferme les yeux sur la qualité des ingrédients (notamment la présence éventuelle d’additifs controversés). Concrètement, il correspond à cette fameuse phrase que l’on a toujours entendu : “pour votre santé, ne mangez ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé”. Ainsi, une bouteille d’eau remplie d’arsenic obtiendra un A vert au Nutriscore parce que c’est une boisson sans apport énergétique ni nutritionnel ! Certains sodas « zéro sucre » l’ont bien compris : sur le papier, c’est de l’eau avec un additif qui n’a pas de pouvoir calorique, mais dans la pratique le sucre est remplacé par des additifs bien pires…

« Le bio et le Nutriscore, c’est mieux que rien »

C’est vrai ! Mais ceux-ci ne doivent pas se substituer au bon sens et à la vigilance : n’oublions pas qu’ils ne traduisent qu’une partie de l’information… Restons vigilants et critiques !